Régionales 2010 : les propositions et analyses de la CMJCF-

Confédération des Maisons des Jeunes et de la Culture de France

Recherche

Menu général


Navigation




| |

Contenu.

Vous êtes ici :[ Accueil >][CMJCF]

Quelles perspectives pour la Confédération ?

Les nouvelles orientations en matière de jeunesse, de vie associative et d’éducation populaire : des ambitions qui rassurent, des méthodes qui interrogent, surtout des actes et des manques qui inquiètent.

Un contexte institutionnel et politique nouveau et en plein bouleversement

Ce début de saison est chargé d’incertitudes qui pourraient conduire à des dénouements institutionnels plus ou moins heureux pour les associations de notre secteur. En effet, nombre de chantiers ont été ouverts, d’ambitions affichées et de changements annoncés ou engagés par le gouvernement dans des conditions et des termes encore incertains qui devraient aboutir incessamment à des décisions, des lois, des programmes. Citons entre autres : l la concrétisation maintenant d’un plan national pour la jeunesse, budgété, décliné en dispositifs concrets après la validation solennelle par le président lui-même des propositions contenues dans le Livre Vert l les orientations en matière de vie associative qui seront définies lors de la Conférence nationale prévue sur ce thème le 17 décembre l les débats parlementaires en cours sur le volontariat, le service civique, l’application en France de la directive service, mais aussi la réforme des collectivités l les renégociations non achevées avec le ministère des Conventions Pluriannuelles d’Objectifs (CPO) pour la période 2010/2012 et la reconduction des postes FONJEP nationaux... Nous pouvons entrevoir que les grandes associations nationales et les réseaux d’éducation populaire tels que les nôtres sont, d’une certaine manière, dans une période qui est paradoxalement à la fois risquée et porteuse.

La CMJCF, un réseau qui a des atouts forts à faire valoir

D’un coté, la CMJCF a des atouts forts à faire valoir dans le contexte social, économique, institutionnel actuel où des enjeux de cohésion, de développement local, d’éducation déterminants se posent tandis que les budgets publics s’amenuisent et que les pouvoirs publics prônent des réponses coconstruites, gérées dans la proximité et sur des modes participatifs. En effet, notre réseau regroupe un nombre important d’associations et d’équipements socioculturels locaux au coeur des villes comme dans les territoires ruraux les plus reculés. Ceuxci contribuent à l’animation de la vie locale, à la citoyenneté, l’insertion sociale, à l’accès aux loisirs, à la culture et de façon transversale à la mise en oeuvre des politiques en faveur de la jeunesse. L’accompagnement, l’initiation des projets, les dynamiques assurés par nos fédérations régionales permettent alors les synergies, la qualification des acteurs et jouent en ce sens un rôle de pépinière associative de projets, de vivier de bénévoles, de professionnels, voire de citoyens engagés.

Des changements institutionnels qui interrogent

Mais, malgré ces potentiels, un certain nombre de changements s’opèrent sur le plan institutionnel dans des conditions qui nous interrogent, voire nous inquiètent, pour nous-même, comme pour la collectivité. Loin de tout catastrophisme, force est de constater que la dynamique, la contribution de notre réseau décrite ci-dessus est fragilisée. Cela se traduit depuis plusieurs années par une baisse régulière des financements sur nos secteurs, notamment aux « têtes de réseau » et par une remise en cause de la légalité de nos partenariats privilégiés avec les pouvoirs publics sous prétexte des directives européennes ou des règles de marchés publics. Parallèlement on assiste progressivement à un mouvement de municipalisation des structures et de l’action socioculturelle locale, à une mise à la « coupe réglée » de la commande publique de nos partenariats et actions (DSP, appel d’offre...) et concomitamment à une mise en concurrence progressive des associations entre elles sur le modèle du secteur lucratif marchand, quand ce n’est pas directement avec celui-ci.

Une évolution de nos partenariats avec les pouvoirs publics contrainte par un timing politique des logiques gestionnaires, administratives et institutionnelles

Au-delà des effets généraux des restrictions budgétaires dont nos secteurs souffrent souvent malheureusement les premiers, les services de l’Etat n’ont, semble-t-il, que peu de marge de manoeuvre en dehors des contraintes comptables et administratives pour gérer le partenariat avec nos organisations. Tout cela selon un « timing » politique et des choix gestionnaires qui induisent forcément un affichage rapide et des économies à court terme, en appui sur des critères d’évaluation de la performance publique eux-mêmes encore insuffisamment performants. Il ne s’agit pas de remettre en cause la légitimité de l’Etat et l’intérêt à conduire sa réforme. Nous sommes de plus en plus soumis à des procédures administratives fastidieuses, lourdes et finalement coûteuses pour tout le monde alors que les rendus, aussi fournis et intéressants qu’ils soient, sont souvent peu exploités hormis quelques éléments quantitatifs. Les administrations territoriales ou de l’Etat, souvent exsangues en moyens, ne peuvent in fine assurer essentiellement que la dimension « contrôle » de leur mission au détriment d’une véritable présence et d’un suivi des actions, voire d’un réel co-pilotage des programmes cofinancés qui serait pourtant fructueux.

Le poids des directives européennes : quelle reconnaissance de notre plus-value sociale ?

Par ailleurs, les directives européennes nous semblent à certains égards « sur-interprétées ». Il est pourtant évident que, les actions que nous portons, les dynamiques que nous initions et la « plus value sociale » qui est la nôtre ne peuvent être considérées comme des productions purement marchandes relevant exclusivement du champ concurrentiel. En ce sens la récente résolution que le Sénat vient d’adopter à propos de la transposition des dispositions relatives aux services sociaux d’intérêt général nous conforte. Quelle en sera réellement la force cela dit ?

Le livre vert pour la jeunesse, des ambitions louables mais des moyens globalement en baisse

Un autre faisceau de faits nous semble révéler des contradictions, souffler simultanément le chaud et le froid, lorsque l’on observe le processus qui a été mis en oeuvre pour la refonte de la politique jeunesse. Le chaud : l’intérêt pour la question de la jeunesse a, certes, été symboliquement marqué très fortement par la création d’un Haut Commissariat qui a mené une concertation très large et médiatique pour la rédaction d’un Livre Vert. Celui-ci tient lieu aujourd’hui de plan national et les propositions semblent aller dans le bons sens. Notons qu’il a fallu tout de même quelques mois de suspense et que le Haut Commissaire mette en jeu sa propre crédibilité et indirectement la voix des associations qu’il a consultées pour que le président valide finalement ces priorités fin septembre. Nous en prenons acte et nous en félicitons ! Mais de fortes incertitudes subsistent quant aux moyens qui seront accordés ensuite concrètement par le gouvernement, surtout si l’on constate comme c’est le cas que nos subventions ont été réduites déjà de presque 10% et que l’on nous annonce qu’elles pourraient l’être à nouveau pour 2010... à moins que selon le vieil adage Paul ne déshabille Pierre !? Faut-il se préparer à ressentir le grand Froid ?

Un plan national centré sur les questions d’emploi et d’insertion ; quid d’une approche plus globale portée par l’éducation populaire ?

Concernant les axes prioritaires retenus et sans faire crier les sirènes de l’instrumentalisation, il nous semble qu’il y a une appréhension de la politique jeunesse trop exclusivement centrée sous l’angle des questions d’emploi, d’autonomie et de paix sociale. Si ces dimensions nous semblent primordiales et urgentes à traiter, cela ne doit pas conduire non plus à délaisser les questions d’animation socio éducative, d’accès aux loisirs, de pratiques culturelles, d’éducation aux médias, etc. et à les considérer comme de simples suppléments d’âme secondaires alors qu’elles sont, comme chacun le sait, et a fortiori pour les jeunes, des clés de voûte de tout processus de socialisation, d’épanouissement, de construction identitaire et donc d’insertion sociale et professionnelle ! Or le livre vert nous parait pour le moins insuffisant en réflexions et propositions sur ces aspects. Nous défendons pour notre part l’idée que notre projet d’éducation populaire intègre justement toutes ces dimensions dans une approche éducative et d’accompagnement à la fois individuelle et collective et une démarche de développement social, local, global. Par ailleurs, un livre vert, porté essentiellement par un Haut Commissariat à la jeunesse, suffira-t-il à modifier les approches encore trop sectorielles, centralistes, parfois même technocratiques et élitistes, des autres ministères concernés qui pourtant détiennent l’essentiel des moyens de l’Etat ?

Les collectivités, des acteurs en première ligne aux moyens et aux compétences qui rétrécissent !

Enfin, il est clair qu’aujourd’hui ce sont les collectivités qui sont en première ligne. Elles portent une grande partie des réponses et des moyens sur notre champ d’intervention et ce en partenariat souvent avec les acteurs associatifs. Or on ne peut que constater la problématique cruciale qui leur est posée aujourd’hui avec la remise en question de la clause de compétence générale, la réduction des ressources fiscales et des dotations de l’Etat, alors que l’acte II de la décentralisation a renforcé encore leurs charges sans toujours un transfert des crédits ad hoc. Tout ceci risque de renforcer plus encore la disparité des moyens économiques des collectivités face aux besoins sociaux, culturels, éducatifs grandissants des habitants. Comment le livre vert parviendra-t-il à limiter le risque de renforcement de la fracture territoriale déjà patente dans les quartiers urbains et certains territoires périurbains ruraux et ruraux où nous intervenons ? D’autant que sur ces champs de compétences les obligations des différents acteurs et niveaux territoriaux ne sont pas complètement définis. Il n’est pas certain que la réforme des collectivités et de la fiscalité locale résolvent cette problématique. Nos associations subiront-elles alors une troisième vague de « coupes sombres » ? Les maires, les conseillers généraux et régionaux sont bien conscients de ces dangers potentiels et investis sur ces thématiques. Toutefois face à des nouvelles compétences obligatoires et à une montée en charge des demandes et des sollicitations, le risque d’éparpillement et de saupoudrage existe aussi.

S’appuyer sur la force de notre réseau pour exprimer nos revendications

Mais pour notre part, nous ne sommes résolument pas dans une position attentiste, ni victimaire et, avec nos homologues et partenaires du mouvement associatif des champs de l’éducation populaire, de la jeunesse et de la culture, notamment au sein du CNAJEP, de la COFAC, nous n’avons pas manqué de vigilance et de réactivité constructive pour échanger, réfléchir, négocier avec nos interlocuteurs au sein des administrations et des collectivités. Toutefois il apparaît important que chacun d’entre nous au sein du réseau contribue à cette veille et à l’expression de notre positionnement et de nos revendications. Dans ce contexte nous devons faire en sorte de tirer avantage des particularités de notre réseau confédéral qui nous permet d’avoir dans une bonne partie des régions française des fédérations fortes, autonomes et relativement bien établies, reconnues et organisées à tous les échelons géographiques et institutionnels. Il nous faut toutefois poursuivre notre travail de structuration et de concertation avec les collectivités territoriales à l’instar de ce que nous avons mis en place cet été avec l’assemblée des départements de France. Voila en partie les défis et les challenges qui nous attendent pour les mois, les années à venir et qui justifient, plus que jamais, le développement de notre travail de réseau et la coopération entre nous, à tous les échelons géographiques et de notre organisation.

Retour au sommaire


Retour au début

CMJCF
Quelles perspectives pour la Confédération ?

CMJCF 168 bis Rue Cardinet 75017 Paris
Tel : 01 44 85 29 50 Fax : 01 42 29 01 44 Mail : cmjcf@mjc-cmjcf.asso.fr

Retour à la navigation| Système de publication : SPIP:: Mentions légales:: Valid Xhtml 1.0:: Valid Css:: W.A.I - A