Régionales 2010 : les propositions et analyses de la CMJCF-

Confédération des Maisons des Jeunes et de la Culture de France

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Ne pas subir mais être acteur du progrès

La préservation de l’environnement, l’écologie et leur corollaire qu’est devenu le développement durable sont aujourd’hui des enjeux planétaires. A certains égards c’est le progrès scientifique qui est remis en question et vécu comme un danger pour l’homme et la nature. Ce n’est pas une particularité de notre société contemporaine et l’histoire montre qu’à chaque grande période de découverte et d’évolution des sciences et des techniques, des points de vue se sont affrontés, sur l’intérêt réel de ces progrès ou bien sur la maîtrise des dangers qu’ils comportent.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais)

Des questions éthiques, sociétales profondes et essentielles, interpellent effectivement le sens même de notre « condition humaine » et son devenir (exemple : le clonage, l’eugénisme, la procréation post mortem...), ainsi que notre système politique et social face à des dérives possibles (fichage, vidéosurveillance...). D’autre part des dangers potentiels majeurs pouvant conduire à des catastrophes écologiques ne peuvent être aujourd’hui ignorés (effets de la pollution sur la couche d’ozone, des ondes de téléphone, etc.). Ce sont les comportements collectifs et individuels qui sont en jeu, notre rapport à la nature, au genre humain, aux autres, et pas seulement ceux qui habitent près de nous mais aussi ceux qui éloignés à la fois géographiquement et du développement, subissent malgré tout et parfois en premier, les effets de nos choix industriels, économiques et d’un marketing planétaire.

Le danger extrémiste

Sur un autre plan, mais de manière relativement liée et concomitante, on constate un peu partout dans le monde une remise en cause des savoirs scientifiques et de la modernité, souvent basée sur une résurgence de pratiques religieuses fondamentalistes ou ésotériques et/ou de mouvements politico-philosophiques extrémistes. Ainsi les intégristes, les extrémistes de toutes sortes et tous bords utilisent des contre-arguments scientifiques (pour ne pas dire contre-vérités) pour remettre en cause la théorie de l’évolution, pour tenter d’interdire l’avortement, distinguer des races, affirmer la supériorité de l’une sur l’autre, etc. Au-delà des choix philosophiques individuels qui relèvent de la liberté morale de chaque individu, nous constatons de plus en plus l’impact et l’imprégnation de telles théories dans l’espace public. Elles posent à la société, à la collectivité des problématiques majeures qui menacent la cohésion et les équilibres.

Pour donner à tous les moyens de participer au débat

Tous ces enjeux mettent régulièrement la collectivité, les pouvoirs publics, chaque citoyen face à des choix déterminants qui interpellent les fondements moraux, philosophiques, culturels de la société et qui appellent de fait à des débats démocratiques contradictoires, et un accès à l’information. Or les discours sur toutes ces questions sont parfois sous-tendus, traversés, biaisés par des intérêts moraux, économiques, idéologiques, particuliers. Cela conduit à des raccourcis souvent simplistes, ou bien l’opinion publique est tenue à l’écart par des discours et des batailles d’experts aux langages abscons et inaccessibles.

Ces deux modes remplacent alors de vraies concertations appuyées par des informations objectives et nuancées, accessibles. Il est alors difficile pour la majeure partie des citoyens de se forger une opinion « éclairée » et d’échapper à la pression sociale, médiatique, aux conditionnements et manipulations de toutes sortes, à ses propres réflexes culturels et ses peurs. Or, en tant qu’électeurs, parents, consommateurs, producteurs, etc. ils sont placés devant des choix fondamentaux pour leur avenir, celui de leurs enfants, de leurs congénères, celui de la planète sur laquelle ils vivent. Les mouvements d’éducation populaire laïcs comme les nôtres se sont toujours emparés de ces débats et s’y sont investis, comme médiateurs sociaux et culturels, comme outils d’éducation et de citoyenneté porteurs d’un projet de société empreint de valeurs humanistes, de progrès.

D’une certaine manière les MJC sont nées de ces préoccupations. Elles ont été souvent initiatrices de projets, de dynamiques, d’actions qui ont visé pour beaucoup à forger l’esprit critique, à favoriser l’accès aux savoirs, à socialiser et faire réfléchir aux règles collectives, à apprendre le respect de l’individu, de la différence, de la nature, etc. Nos associations proposent des outils de compréhension, d’information, de formation, en ouvrant des espaces de débats, en contribuant à l’éducation de la jeunesse, en mobilisant les habitants, les citoyens, en favorisant l’évolution des comportements par la diffusion de valeurs.

Dans une société où, pour les raisons précitées, les publics les plus populaires et défavorisés sont plus enclins à subir le progrès qu’à en être des acteurs éclairés, il s’agit aussi pour notre réseau qui oeuvre à la promotion sociale des individus, de contribuer à ce que chacun, et notamment les plus jeunes, puisse s’emparer des sciences, du progrès, se les approprier intellectuellement que ce soit pour se positionner, les contester ou pourquoi pas devenir eux même des initiateurs, des « découvreurs », des « enseigneurs » et cela en donnant le goût de savoir scientifique et en suscitant des vocations. Après tout il n’y a pas que le « show bizz », la chanson ou le sport pour réussir !

Construire une société moderne en respectant les différences

Il ne s’agit pas pour nous d’imposer des vérités toutes faites ou d’opposer à des déterminismes et des dogmes d’autres principes tout aussi rigides, mais de rester fidèles à l’esprit et aux valeurs qui fondent notre confédération. Il ne s’agit pas non plus de nier les croyances et le droit de chacun, aussi minoritaire soit-il, de vivre celles-ci dans son for intérieur et son espace privé. Mais au contraire de prôner le respect de la différence, de favoriser la capacité individuelle à s’émanciper des conditionnements et des fantasmes les plus archaïques comme des aliénations les plus modernes, etc.

Nous participons, aux cotés de l’école et des autres vecteurs d’éducation et d’information, à la construction d’une société moderne, ouverte, solidaire, progressiste, mais consciente de ses limites et respectueuse du genre humain et de l’environnement.

Nous avons voulu dans ce numéro, mettre en exergue notre approche éthique et sociale et les différentes pédagogies, des actions mises en oeuvre par notre réseau autour de ces grandes questions de société, de l’éducation aux sciences et techniques à des actions d’information et des contributions au débat public sur chacun des différents angles thématiques évoqués ici.

Mustapha BOUDJEMAI, Directeur Général CMJCF

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Tel : 01 44 85 29 50 Fax : 01 42 29 01 44 Mail : cmjcf@mjc-cmjcf.asso.fr

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