Régionales 2010 : les propositions et analyses de la CMJCF-

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La conférence de la vie associative

Des avancées positives mais la prudence reste de mise

OUF ! Tout comme celui prévu en 2000, Le bug de 2010 n’a pas eu lieu... du moins pas encore !!

Un modèle de partenariat préservé et l’affirmation d’une politique publique de la vie associative

Les déclarations gouvernementales lors de la CVA ont réaffirmé la préservation du modèle français de partenariat entre les pouvoirs publics et le tiers secteur ainsi que sa conformité pour l’essentiel avec la réglementation européenne en matière de service et d’aide d’Etat, moyennant la ré-écriture de conventions dans une version “euro-compatibles”. Toutefois, l’épée de Damoclès reste suspendue. Les batailles politiques et juridiques ne sont pas achevées au sein de l’union pour imposer une conception restreinte des Services d’intérêt généraux. Mais revenons à cette 2ème conférence de la vie associative, censée être le point d’orgue d’une longue et large concertation. En dépit d’un ordre du jour qui semblait quelques peu orienté et décalé avec certaines problématiques de terrain (l’emploi associatif, les problèmes financiers, les statuts des dirigeants...) et d’un débat en partie gagé par la “mise en scène”, elle a marqué une nouvelle étape dans l’affirmation d’une politique publique nationale en faveur de la vie associative. Saluons certaines ambitions, même si elles suscitent autant d’espoirs que d’interrogations.

Des efforts concrets mais aussi des interrogations quant à l’effectivité des moyens

Concernant les moyens financiers tout d’abord. L’abondement des fonds du CDVA en faveur de la vie associative constitue certainement une amélioration sensible. Toutefois il convient d’avoir une lecture globale des crédits publics. En effet, quid à ce jour de l’enveloppe globale qui sera finalement affectée aux CPO et les budgets mobilisés pour les expérimentations nationales feront-ils bien l’objet de nouveaux crédits ? D’autre part, il reste à espérer que l’intégration programmée des subventions FONJEP dans les CPO et la déconcentration de leur gestion, avec au passage des reconductions incertaines, ne conduisent pas in fine à des réductions des moyens publics d’Etat pris de façon consolidés.

Parallèlement, les réformes en cours pourraient à terme réduire substantiellement les crédits apportés par les collectivités départementales et régionales et rendre difficiles les “tours de tables” financiers. Enfin, les moyens dégagés pour le service civique et les dispositifs envisagés pour la reconnaissance et la valorisation des parcours volontaires sont tout à fait positifs. Néanmoins, malgré les réserves exprimées par le CNAJEP, la confusion entre bénévole et volontaire n’est pas écartée. Et les risques de dérive existent toujours vers une forme de “sous emploi” dans des collectivités ou des associations peu transparentes. Enfin les moyens d’accompagnement des volontaires pourraient s’avérer insuffisants notamment pour des jeunes en difficulté que le gouvernement souhaite voir accueillis en premier lieu.

Une volonté de développer le dialogue civil mais un poids relatif des AJEP

Nous nous félicitons de la reconnaissance formelle de la fonction “tribunicienne” et de représentation des “têtes de réseau” et de la volonté de formaliser et de développer les espaces de “dialogue civil”. Toutefois plusieurs indices montrent que le poids des associations de jeunesse et d’éducation populaire dans la gouvernance des politiques publiques reste relatif et incertain. Déjà, les partenaires sociaux sont plutôt sceptiques vis a vis de cette notion craignant qu’elle s’apparente à une sorte de “sous dialogue social”. Il semble effectivement utile de mieux clarifier les objectifs et les compétences de ces outils de concertation. Et surtout les positions du gouvernement en matière de critères de représentation. Vaste chantier confié à Luc Ferry ! Si nous ne pouvons que louer le souhait de voir mieux associer, représenter certains publics exclus, absents, la diversité des territoires, les petites associations, etc. Il faudra être vigilant vis-à-vis d‘une tendance à la panelisation et à des pratiques de cooptation institutionnelles arbitraires.

Ainsi Le Conseil National de la Jeunesse devrait évoluer sur le modèle de ceux que l’on trouve dans d’autres pays européens, mais avec ce paradoxe que ce serait, en France, l’Etat qui en déterminerait ses composantes. Minimisant la place que les grands réseaux à travers le CNAJEP pourraient y prendre, sous prétexte qu’ils sont intergénérationnels et non exclusivement représentatif de la jeunesse ( ??). Notre réseau confédéral avec ses dizaines de milliers de jeunes adhérents, centaines de milliers de jeunes public, dans les territoires ruraux, urbains, les quartiers hétéroclites ne serait donc pas suffisamment représentatif ?

L’évolution décidée du CNVA vers un HCVA permettrait aussi de distinguer plus clairement le rôle d’expertise et de conseil de celui de représentation porté par la CPCA. Reste à voir comment il sera constitué et comment la CPCA, et en son sein le CNAJEP seront concrètement associés et consultés. Le processus préparatoire à la CVA et au livre vert n’a pas été forcement un exemple de ce point de vue. Idem, les quelques sièges supplémentaires accordés au sein du CESE pour les AJEP sont une avancée, mais leur influence restera tout à fait relative quantitativement parlant.

De manière générale et sans dramatiser, nos réseaux d’associations de jeunesse et d’éducation populaire, sont quelque peu amoindris dans leur capacité à peser, condamnés en quelque sorte à prendre part à la plupart des structures de concertation et de gouvernance mais avec une influence relativement réduite. Au risque de cautionner des orientations qui nous échappent ou le cas échéant de pratiquer une politique de la chaise vide, peu constructive et peu utile. En outre, l’équilibre entre les grandes familles associatives n’est pas évident et ne garantit pas toujours la place du champ de l’éducation populaire et de la jeunesse. Gageons que les responsables politiques n’useront pas de cette stratégie vieille comme le monde qui consiste à diviser pour mieux régner.

Une vigilance et une pro activité dans la construction des partenariats territoriaux

Au regard des ces réserves, la prudence est de mise. Il nous faudra être attentifs à la réalité des moyens qui seront finalement consentis globalement au sein de notre réseau et être vigilants et convaincants tant vis-à-vis de l’Etat qu’auprès des collectivités territoriales. Nous devons être proactifs pour faire valoir le poids, l’intérêt de notre réseau et engager des partenariats. A fortiori à l’occasion des changements d’exécutif régionaux, nos fédérations régionales doivent faire valoir leur rôle d’initiation, de coordination des projets et de portage synergique des moyens mobilisés par les différents acteurs à cet échelon territorial. Cela peut nécessiter aussi d’établir et renforcer les stratégies communes avec les réseaux associatifs homologues et/ou le cas échéant de clarifier les positions respectives, afin d’éviter les concurrences contreproductives vis-à-vis de nos objectifs communs d’éducation populaire et de justice sociale et concomitamment de survie et de développement de nos organisations.


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