Régionales 2010 : les propositions et analyses de la CMJCF-

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Editorial de Frédéric PRELLE

Le débat politique national a été fortement focalisé ces derniers mois autour de l’identité nationale, des réformes territoriales, fiscales en cours, de la conférence de Copenhague, des régionales à venir, etc. Nous n’avons pas pour vocation, ni prétention en tant qu’organisation associative confédérale à avoir des avis sur tout. Cependant, nos objectifs d’éducation populaire nous amènent à chercher à faire en sorte que chacun, à tous les niveaux de notre réseau puisse se positionner en tant que citoyen en promouvant toutefois les valeurs de progrès, de tolérance, de laïcité et de solidarité qui sont les nôtres. Et ces sujets traversent à des degrés divers, notre projet, nos moyens, notre légitimité d’acteur social et notre rôle de partenaire. En effet les questions climatiques et les enjeux autour des modèles de croissance ne sont pas aussi éloignés de nos préoccupations. Les plus grands économistes appellent plus que jamais aujourd’hui une approche qui priorise mieux les “indicateurs de développement humain” et autres richesses immatérielles contribuant à la qualité de vie et au développement social. Sans prôner le retour de l’Etat Providence, ces experts soulignent que l’intervention cohérente des pouvoirs publics est plus que jamais nécessaire pour réguler le système politico-économique et prendre en charge les questions sociales, environnementales. Dans cette optique l’investissement de la collectivité publique dans la santé, le social, l’éducation, la culture, selon des modes de gouvernance démocratiques et plus participatifs sont considérés comme les meilleurs remparts à la crise globale et les facteurs essentiels d’un développement durable. Les forces vives, les outils, les projets d’un réseau associatif et confédéral tel que celui de la CMJCF prennent évidement toute leur place et leur sens.Or, sans nier les quelques avancées récentes annoncées lors de la conférence de la vie associative, notre rôle, nos actions, sont potentiellement remis en cause et fragilisés.

Ainsi, à l’heure où l’on annonce une suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, les associations de l’économie sociale et solidaire, continuerions à être fortement taxées sur les salaires.Il nous semblerait plus juste, plus dynamique, plus efficace de transformer cet impôt en un prélèvement qui pourrait être mutualisé pour un fonds commun pour le développement de l’emploi associatif. Les contraintes, la dynamique européenne en cours et un certain dogmatisme dans l’application des règles de marchés publics induisent une dérive possible vers un système dans lequel les citoyens, en dehors d’un service public réduit au minimun n’auraient progressivement plus le choix qu’entre un secteur caritatif et humanitaire et un secteur marchand concurrentiel. Le premier dispenserait généreusement l’assistance et le second pour l’essentiel lucratif, prendrait en charge l’ensemble des services considérés comme des prestations “vendables, découpées en tranches”. Notre place d’acteur intermédiaire laïc et non lucratif, porteur d’expertise, d’innovation sociale, de mobilisation et dans une posture de partenaire responsable mais indépendant dans la mise en oeuvre de politiques publiques se trouve fragilisé. Il ne s’agit pas pour nous de s’arque-bouter aveuglément sur un modèle qui fonctionnerait comme une rente, mais de défendre une conception plus égalitaire, solidaire, désintéressée, participative de l’action sociale, éducative et culturelle. Enfin, nous sommes d’accord sur la nécessité de mettre de la clarté, de la cohérence, de l’équité, de l’efficacité dans la répartition des compétences des niveaux de collectivités et l’utilisation des crédits publics dans nos champs d’activités. Il semble contreproductif de passer de la complexité actuelle à un système qui empêcherait légalement et/ou par la réduction des ressources, à tout Conseil Général et Conseil régional d’accompagner de façon cadrée des dynamiques et des synergies à l’échelon de territoires supra communaux au risque de renforcer des inégalités territoriales, voire de revenir à une forme de centralisation. Dans ce contexte et à l’heure où se préparent les élections régionales, il apparaît important de réaffirmer la contribution forte de notre réseau local à la cohésion et au développement des territoires ; et l’intérêt du rôle de nos fédérations régionales tant sur le plan de la l’optimisation des moyens permis par la mutualisation et l’accompagnement des projets et des acteurs. Ainsi, vous découvrirez au fil de ce numéro quelques unes des actions qu’elles conduisent en partenariats avec des Conseils Régionaux.


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